OURSINS ALERTE

 

PRESERVONS CE QU'IL EN RESTE!!!

 

ENVIRONNEMENT.

Les oursins victimes de leur succès

 Les oursinades, ces banquets de dégustation organisés l’hiver au bord de la Méditerranée, font grise mine. En cause, la diminution inquiétante des populations d’oursins, victimes de la surpêche.

 
 
Diane Andrésy | 30.01.2011, 07h00
L’été, on marche dessus, l’hiver, on les mange… mais pour combien de temps encore? Les populations d’oursins se sont raréfiées ces dernières années en Méditerranée, à tel point qu’on envisage désormais de célébrer les traditionnelles oursinades… sans oursins! Ces grandes tablées de dégustation, qui rassemblent chaque hiver des milliers d’amateurs de « châtaignes de mer », sont en effet sérieusement compromises.

Une fois n’est pas coutume, ce sont les pêcheurs eux-mêmes qui tirent le signal d’alarme : « Il faut protéger la ressource et, donc, cesser la débauche de consommation d’oursins en janvier et février, période des oursinades », signale Gérard Crosetti, à la tête de la Fédération des pêcheurs en mer de PACA. « Par endroits, des prélèvements sont faits sans même savoir s’ils sont pleins. Non, la menace qui plane n’est pas une galéjade! » ajoute-t-il.
Dans les Bouches-du-Rhône, les célèbres oursinades se réduisent comme peau de chagrin. Il ne reste que deux rendez-vous annuels dans la région qui attirent des milliers de touristes en quête de ces délicats produits iodés : à Sausset-les-Pins (fête prévue aujourd’hui) et Carry-le-Rouet (les premiers week-ends de février). Mais même dans ces lieux emblématiques de dégustation, les maires sont intervenus pour mettre le holà. « Les oursinades ont changé de nom : on les appelle désormais fêtes de la mer car, sur les trois dimanches consacrés à la dégustation, seuls deux proposent des oursins. Le troisième, on ne mange que des moules, des huîtres ou des crevettes. Et ce, pour préserver les richesses de notre Côte Bleue (NDLR : entre Marseille et Martigues) », ajoute Eric Diard, député-maire de Sausset.

Un braconnage lucratif

La préfecture maritime de la Méditerranée a de toute façon fixé des quotas de ramassage à ne pas dépasser : quatre douzaines d’oursins par jour pour un pêcheur à pied et pas plus de dix douzaines par navire et par jour pour les pêches en mer. Ce qui n’évite pas pour autant le braconnage le long des côtes de la Grande Bleue, d’où provient l’essentiel des oursins mangés en France. Une pêche sauvage encouragée par les prix pratiqués : parfois plus de 50 € le kilo! « Heureusement, les contrôles se sont intensifiés ces derniers temps, rappelle Eric Diard. De fortes amendes et une confiscation du navire sont prévus par la loi. »
Edition du 31/1/2011
Le Parisien

 









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