REUNION ICCAT - PARIS NOVEMBRE 2010
Mesdames, Messieurs,
Nous noterons, au préalable, que le nombre d’ONG présentes à cette réunion a été multiplié par dix depuis la réunion qui s’était tenue à Marseille. Heureusement que toutes ne sont pas des intégristes écolos, sinon il y aurait des soucis à se faire. La totalité des grandes nations concernées était là pour discuter de l’avenir du thon rouge et du devenir de cette pêche.
La Libye présente, dès la première réunion, un projet visant à interdire la pêche au thon rouge pour une durée de deux ans.
La CIPS se pose des questions sur la stratégie du représentant Libyen.
La mise au vote de cette proposition a été rejetée par une majorité, représentant les trois quarts des CPC présents. La Libye demande aussi de ne pas reconduire le système de répartition, utilisé antérieurement, en s’appuyant sur le fait que 85% des prélèvements ont lieu en Méditerranée, que seuls les 16 pays limitrophes puissent se voir attribuer un TAC (total autorisé de capture) et en exclure les autre CPC. Cette remarque est totalement en contradiction avec le droit maritime.
Après cette précision, la parole a été donnée aux ONG afin qu’elles fassent remonter leur ressenti.
L’IGFA déclare qu’elle a déposé une note visant à interdire la pêche sur les frayères identifiées.
La CIPS n’a pas trouvé judicieux d’adhérer à cette proposition car l’IGFA représente uniquement des individus alors que la CIPS, elle, rassemble des fédérations nationales reconnues par leur gouvernement. La CIPS demande, seule, depuis plus de vingt ans, une limitation de la pression sur les frayères ainsi qu’un respect intégral des tailles minimales et des quotas. A quoi bon attirer les foudres sur la pêche sportive alors que les tensions tendent à s’apaiser. Il est vrai que la pêche récréative n’a pu servir d’exutoire de la part de certains acteurs plus soucieux de leur avenir.
Greenpeace, WWF, Robin des Bois et de nouveaux verts intégristes, à notre avis, tels que PEW et OCEANA, ont fait remonter leur point de vue sur le rejet de la position libyenne.
Une réduction de la flotte de 50% minimum a été contrôlée par l’ensemble des différents CPC. Quelques cas particuliers sont soulevés et ont amené les CPC mis en cause à revoir leurs prévisions. Une étude des cas particuliers est entreprise.
L’attribution des quotas a été connue seulement le dernier après-midi de la plénière. Un quota général en faible diminution (comme s’y attendait Marcel ORDAN) 12 900 tonnes pour 2011 contre 13 500 tonnes en 2010. L’Europe se voit attribué 7 266 tonnes mais devra rembourser la pénalité de 1 500 tonnes due, suite à la surpêche reconnue les années précédentes. Elle a demandé un étalement de cette dette, cela lui a été refusé à la majorité. Donc, la France verra son quota amputé de la quantité correspondant à son trop pêché.
Des résolutions particulières visant à protéger certaines espèces de requins océaniques, requins taupes communs et bleus, requins renards et marteaux ont été prises. La protection des tortues marines, des makaires et des espadons voiliers était aussi à l’ordre du jour d’autres groupes de travail.
Dès 2011, une étude concernant le germon a été décidée par les représentants de l’ICCAT.
Des rencontres riches d’enseignements avec plusieurs participants nous ont permis d’évoquer la situation de la pêche sportive et de loisir en France auprès de : La Direction des Pêches, des scientifiques, du Président du comité National des Pêches, des représentants des senneurs et de la pêche artisanale française et des représentants de certaines CPC présentes concernées par la pêche sportive et de loisir. Au travers des actions menées au nom de la CIPS, dont j’étais l’invité, notre Fédération a pu communiquer et faire ressentir son sentiment d’injustice directement au sommet, laissant envisager un meilleur avenir pour les pêcheurs que nous représentons. Le plus dur reste à faire lors de la répartition du quota français.
La CIPS a demandé au représentant du Sénégal, présidant le groupe de travail spécifiquement consacré à la pêche sportive, de demander que cette commission soit rapidement reconduite afin de pouvoir terminer son travail. Un long travail de lobbying a permis d’obtenir une majorité en faveur de cette proposition. La représentante américaine nous a présenté la gestion de cette activité dans son pays.
Une augmentation du budget de l’ICCAT réservée aux opérations de marquage a été décidée. Cette décision doit nous inciter à reconduire les actions déjà menées depuis 2006 par la FFPM en collaboration avec IFREMER (Pr Jean-Marc FROMENTIN) tout en prévoyant une révision de ces plans de marquage effectués par notre Fédération.
Jacques CHAMPOLEON
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